Le hors-série le corps humain de A à Z de La Recherche porte sur le corps humain et sa décomposition du point de vue médical et philosophique. Je l'ai acheté ce midi et pour l'instant je le dévore article par article, dans l'ordre, ce qui m'arrive rarement.
Les articles sont tous interessants, je résiste à l'envie de vous en livrer des morceaux entiers à méditer, mais là je viens de me faire une reflexion vraiment décallée, je me demande si ça peut faire sourire d'autres gens. A la page K-Kit, dans l'article Ciment légal pour corps démembré, j'ai trouvé le scénario suivant :
"Imaginons un coeur prélevé sur un cadavre, préservé de la nécrose dans un caisson réfrigéré, acheminé peut-être par avion vers l'hôpital où l'attend un patient. N'étant pas un bien sur lequel quiconque aurait un bien de propriété, à qui appartient-il ? A personne. Une fois greffé, il fera pourtant partie du corps du malade soigné. Lequel aura toute liberté de s'opposer à un nouveau prélèvement lors de sa propre mort, faisant valoir des droits sur ce coeur qui ne lui appartient, au sens du droit, pas plus qu'à son précédent possesseur."
J'en ai immédiatement conclu que les droits sur corps humain sont pratiquement parlant plus proche d'une licence BSD que d'une GPL. Je tourne autour de ces questions de licence et du coup ça ressort n'importe quand. L'idée suivante a été : est-ce que ça a un sens d'accepter de donner ses organes, mais seulement au bénéfice de ceux qui sont prets à donner les leurs ? L'analogie est un peu tirée par les cheveux, on peut difficilement faire les mêmes lois pour une ressource infiniment reproductible et pour un "bien" matériel dont la quantité est limitée, sans même parler des objections affectives ou religieuses, mais le parallèle est pas si absurde que ça finalement.
# Par Eve, le samedi 12/07/2003 à 14h32 ~ rss ~ Catégorie : Infogeek
Réactions
# Par SolveigDe toutes façons j'aime pas les piqures, le dimanche 13/07/2003 à 17h15
Moi non plus, figure-toi :) De toutes façons j'aime pas les piqures, ceci dit si je pouvais je le ferais sans doute parce que ça peut servir à des gens, alors ça en vaudrait la peine...
# Par Djo, le dimanche 13/07/2003 à 19h54
oui!!! allons se faire foutre tous ensemble, mais avec de la poèsie s'il vous plait:) Sinon, la propriété, c'est le concept qui pose problème de toute facon, il me semble, mais en l'occurence, ca implique aussi la réutilisation d'un organe à l'infini pratiquement, ca semble un peu bizard. Moi, j'aimerai bien pouvoir donner mon sang aux gens qui en ont besoin, mais je peux pas non plus, c'est la vie, so ist das Leben!!!!
# Par Eve, le dimanche 13/07/2003 à 21h37
La limite de mon exemple est là. Actuellement les traitements immunosupresseurs ont des effets secondaires importants, je crois que de toutes façons on éviderait de greffer des organes de personnes ayant dû les subir. Je devrais pouvoir donner mon sang je crois, mais je l'ai jamais fait encore, à chaque fois que j'en ai eû l'occasion j'avais une bonne raison de ne pas le faire. C'est mal, parce qu'ils manquent vraiment de donneurs.. Par contre j'ai remplis les papiers pour le don d'organe, ça peut vraiment changer la vie de quelqu'un et c'est une belle façon de prolonger sa propre vie je trouve. Un jour, j'ai compris la différence entre être donneur d'organe et donner son corps à la science. Dans le second cas, en général, le corps est disséqué par des étudiants en médecine, jusque ici tout va bien. Mais du coup il peut aussi servir de matériaux pour leurs blagues à la con ou pour des batailles de viande.. et euh, là ça va plus !
# Par Stéphane, le lundi 14/07/2003 à 18h12
J'aime bcp ton sujet Eve... J'ai justement fait les démarches et signé ma carte de donneur en début de ce mois, mais depuis je me pose bcp d'autres questions : Est ce que je vais continuer a vivre un peu par l'intermédiaire de cet organe ? (la citation "je pense donc je suis" est elle la réponse unique à l'existence ?) Et si la personne qui reçoit mon/mes organes est quelqu'un qui ne partage pas du tout mes critères moraux ? (genre personne votant FN...) Est ce que je perds mes droits sur ma personne en acceptant de donner mes organes, si oui, quel interet puisqu'on est mort ? (la pour repondre faut définir ce qu'est la mort... simple, non ?) En attendant, je crois que j'aime bien la vie ! :-)
# Par davux, le lundi 21/07/2003 à 14h59
À mon avis, quand on donne un organe, de manière posthume ou pas, c'est comme quand on laisse devant son immeuble une table qui pourrait servir à quelqu'un d'autre qui en aurait besoin. Le premier qui le prend en est le nouveau propriétaire et en fait ce qu'il veut, c'est le principe d'un don. S'il veut la brûler le jour où il ne s'en servira plus, libre à lui. Le don d'organe n'a cependant pas la possibilité d'être destiné à un destinataire choisi. En fait, je ne pense pas que les dons soient associés à une licence, si ? Là, ça revient à ne pas renouveler le brevet sur un logiciel ou un objet: le prochain qui pose sa patte dessus en fait ce qu'il veut, sauf que dans le cas des organes le "prochain" en question doit faire partie du corps (justement) médical. Enfin c'est peut-être un peu simpliste comme manière de voir, je sais pas.
# Par paf, le vendredi 24/10/2003 à 23h10
j'ai bien peur de trop user le mien de corps que pour pouvoir un jour le partager.peut-être n'aurais-je pas dû.peut-être aurais-je dû penser aux futurs accidentés.d'autant que mort, je n'aurais pas été chiant.je ne me serais abolument pas tracassé quant à l'orientation politique du pauvre bougre ou de la pauvre bougresse qui aurait accueilli une partie de moi en son sein.(hum!)
# Par paf, le jeudi 30/10/2003 à 22h23
il n'y a pas beaucoup de vie par ici.sans jeu de mots.Y a-t'il quelqu'un qui pourrait m'expliquer le principe complet de la décomposition du corps humain du début jusqu'à la fin ou,tout du moins m'orienter vers un site qui dévloppe le phénomène?merci d'avance.Encore une question: le corps se décompose-t'il de la même façon dans l'espace?Que de préoccupations,n'est-ce pas?
Ajoutez un commentaire !
Les commentaires pour ce billet sont fermés.


# Par Tif, le samedi 12/07/2003 à 20h30