Solveig a compressé la fête au milieu de son week-end, et Romain a donné la recette du cocktail radioactif qui n'a plut qu'aux plus jeunes. Il manque quelques petites choses et d'abord la mise en place du décors.
J'aime beaucoup ce coin de campagne. Il y a 10 ans, lorsque les parents ont envisagé de déménager du pavillon de banlieu à la ferme de Cisai-Saint-Aubin, j'ai tout de suite voté pour. Romain aussi, il a expliqué aux parents qu'il fallait d'abord acheter et réflechir après. Solveig était d'accord à condition qu'elle puisse enfin avoir un chat.
Dans le plan de départ, la différence de prix entre les deux habitations permettait largement de faire des travaux d'aménagement sur la ferme et les 20 hectares.. Il aurait fallu anticiper les embrouilles du CA et le fait qu'ils arrivent à lever une hypothèque sur le pavillon alors que l'emprunt correspondant était déjà remboursé, mais on peut pas prévoir tous les coups tordus.. Donc la ferme a jamais été rénovée, de tous les batiments il n'y a que les 7O m2 du corps principal qui sont habitables, c'est vraiment dommage. Comme en plus mes parents sont absents la moitié de l'année et qu'il faut bien mettre quelques part les souvenirs de 30 ans d'expeditions, le matériel de conférence, les livres de maman et les papiers de papa (j'ai déjà signalé qu'au vu des prédispositions génétiques moi je suis plutôt raisonnable), c'est un vrai capharnaum de cartons, de vétements et de films qui s'étale partout de l'ancienne étable à la salle de bain..
La grande nouveauté depuis le printemps, c'est que le toît de la ferme a été refait, velux et isolation compris. Donc on peut y camper très confortablement en attendant de faire le reste avec nos petites mains.
L'autre détail qui a bloqué les parents dans l'aménagement, c'est la découverte de la grande cheminée du 14ème siecle sous trois tonnes de plâtre. En fait, toute la structure de la maison date de cette époque, y'a des vieilles pierres pour en témoigner un peu partout, à commencer par l'évier taillé sur lequel repose la télé dans la salle. Certaines particularités donnent à penser que c'était une maladrie, il devait y avoir une grande cheminée à chaque extrèmité ce qui est assez rare, et on est à quelques centaines de metres d'un lieu-dit "les Trappes", ce qui dénote la présence de moines trappistes. Là-dessus, des améliorations plus ou moins judicieuses ont été faites par les anciens propriétaires. La vieille dame qui nous a vendu avait, par exemple, fait installer une salle de bain (c'est bien) peinte en rose fushia (c'est mal), détruit l'escalier en pierre de l'entrée pour en mettre un en beton.. Quand elle a constaté que maman s'était acharnée sur le plâtre de la cheminée, elle a été très philosophe : "Que voulez-vous ? Y'en a qui font et y'en a qui défont.." Il faut dire que la même dame avait cru bon de boucher les oreilles et le nez de son mari qui été tombé dans les pommes (au sens figuré, quoique..), pour empecher que son âme ne s'échape le temps que les pompiers arrivent. Heureusement que Lili, la voisine, était là pour enlever le coton et nous raconter ça 15 ans après :-)
Donc, arrivée à l'Aigle sous la pluie, une demie-heure plus tard j'étais en train de soigner l'ordinateur des parents. Non il est pas cassé, mais oui ça serait une très bonne idée d'acheter un graveur externe de CD pour faire vos sauvegardes.. La vieille, ils avaient essayé de regarder les 3 minutes de vidéo, surprise de l'actuel patron de Solveig pour maman : c'est le repicage d'une bande de film 8 mm tourné à l'occasion de ses 20 ans. Comme les copains étaient pas d'accord pour que P.H. ne filme, c'est une succession de moments choisis au court de la soirée, où on constate qu'ils sont de plus en plus bus et de moins en moins pudiques. Bref, une vraie soirée. Papa grognait un peu, à l'époque il avait récupéré 1 min de film, sans savoir qu'il y en avait d'autre. La solution pour regarder la vidéo sans que ça soit saccadé ? Ben, la copier sur mon disque dur bien sur.. ;-)
A peine arrivés, maman nous emmene au gîte rural d'Orgère pour nous présenter Romain et moi. J'ai toujours pas bien compris quels anniversaires on fêtait. Il y a trois ans, à Varsovie, une française (maman), une polonaise et une anglo-belge ont constaté qu'elles étaient nées la même année.. donc rendez-vous en 2003, au point de jonction entre tous ces pays, pour fêter leur cinquante ans. Là dessus, chacune invite qui elle veut, dans le lot deux ou trois hommes étaient quintagénaires aussi.. Je connaissais Dana, la polonaise, mais pas du tout Line et sa famille. Du côté de mes parents, les invités sont beaucoup moins nombreux que je ne le craignais, avec le voyage en Islande maman n'a pas pu lancer correctement les invitations. On est allé cherché "copain-philippe" au train, l'ami d'enfance de Papa. Ensemble ils avaient fait un journal à 11 ans, Papa écrivait, Philippe dessinait. Plus tard, ils sont devenus réciproquement journaliste et graphiste. Et c'est Philippe qui a intégré Maman à leur bande de gentils fous alors que Papa était parti pour la première fois en Islande, donc c'est un peu grâce à lui que je vous raconte tout ça maintenant. Maman-taxi est allée cherché Solveig et Djo, pendant ce temps là on a accueilli Marie-Paule, qu'elle a connu lorsqu'elle était en 6ème, et ses deux fils, Paul et Clément. Romain les connait un peu mieux que moi puisqu'il a passé trois semaines à essayer de réviser ses maths sous l'égide de Paul l'été dernier. Quelques semaines avant, j'avais visité l'Epita et l'Effrei avec Paul, je lui avais présenté CC et du coup il a préféré la fac à une école privée d'info. Je suis drôlement subtile parfois :)) Lavage de flûte à champagne, rameutage de Lili-la-voisine et décollage pour le gîte où on a bu le fameux cocktail.
# Par Eve, le mardi 29/07/2003 à 16h51 ~ rss ~ Catégorie : Récit
