Amuse tes amis

Je suis allée aux urgences pour mon petit doigt de pied.

Ah, il faut d'abord que je raconte comment c'est arrivé : Samedi soir j'étais en train de ranger de la vaisselle, et habillée en fille même. J'espère que vous visualisez bien la scène. Et là, un verre en terre cuite est tombé du placard. Paf le pied, comme on dit. Sur le coup, ça a fait très très mal, sauf que je pensais un peu à autre chose. On peut dire aussi que j'ai pris mon pied mais c'est une autre histoire, du genre d'histoire que je ne raconte pas normalement. Bref, les chaussures de fille ça protège pas du tout, mais vraiment pas du tout des accidents domestiques. En fait il doit falloir choisir entre le rôle de ménagère et celui de femme fatale, on m'avait pas prévenue. Dimanche matin, j'avais un gros petit orteil rouge et violet, juste de quoi aller aux urgences sans être trop ridicule.

Donc, aujourd'hui je suis allée aux urgences (la faille temporelle, c'est normal. Disons qu'il m'a fallu 24h pour réussir à mettre mes chaussures).
Labyrinthe, salle d'attente, interne, labyrinthe, salle d'attente, radio, salle d'attente, carte bleue, salle d'attente, clope, salle d'attente, infirmier rigolo, medecin, infirmier rigolo, carte bleue .. 4h et 75 ? plus tard, j'ai un sparadra autour de mes deux derniers orteils, et une jolie photo de mon pied où, si on sait où chercher et qu'on a la loupe qui va bien, on peut voir une micro-fissure. En sortant, je me posais des questions sur la sur-médicalisation de l'occident.

Et la blague du jour était : "Dans une semaine je danserai à nouveau comme un cabri, mais comme il me faut du calcium ça sera un cabri-au-lait".
Voilà, c'est lamentable :)
 
 
 
 
 

Hypothèse

Dieu est une hypothèse dont je me passe volontier. Elle complique beaucoup les équations et simplifie trop les réponses.

 
 
 
 
 

Numéro Privé

"Numéro Privé" voilà ce que mon portable m'indique en sonnant au milieu de la nuit. "Numéro Privé" c'est possiblement mes parents qui appelent de leur téléphone fixe, une urgence, un appel auquel je dois répondre. Il se peut que ça soit aussi un grand vide, quelques bruits de fond, comme la semaine dernière. Je suis presque sûre que c'est ça, un appel malveillant, un(e) cretin(e) qui fait son numéro en composant mon numéro, mais je décroche quand même au cas où..

Respiration bruyante, pas un mot. Cette nuit je n'ai pas l'humeur joueuse, je coupe la communication au lieu de laisser mon interlocuteur se lasser. Je suis énervée.

J'ai des soupçons, de gros soupçons et je n'ai pas envie de laisser passer.
Ce qu'il y a de bien avec les commissariats, c'est qu'ils répondent au téléphone même le dimanche. La procédure est simple, je dépose une main courante, s'il y a une prochaine fois je porte plainte. Ça me fait chier de me déplacer au commissariat. Je suis à la bourre dans mes courses de Noël, comme tout le monde. En plus, il va falloir que j'aille chez le medecin pour qu'il me confirme que je me suis stupidement cassé le petit doigt du pied droit, la douleur est atroce quand j'ai des chaussures et il fait un peu frais pour sortir pieds nus. Je vais être très très énervée si mes soupçons se confirment. Vraiment.
 
 
 
 
 

Sourire de tueuse

Ma bibliothèque me manque, elle attend à Villejuif que Matou et sa Matou-Mobile soient disponibles, ça s'est pas fait aujourd'hui donc ça devra sans doute attendre après les fêtes :(
Mais heureusement, j'avais pris ma valise à roulettes, celle que j'ai acheté avant de partir à Florence en sachant qu'elle servirait aussi à mes déménagement intempestifs. J'ai passé l'après-midi à mettre dedans des vêtements, des CDs et des livres. Elle était très très lourde, surtout quand il a fallu la hisser dans le bus. J'ai remercié le chauffeur de s'être arrêté en pleine rue pour me laisser monter.
- "Ca c'est de la valise !" qu'il me dit
- Oui, je déménage et j'ai plein de livres dedans ..
- Pardon ??
- Je disais : je déménage et j'ai plein de livres dedans !
- Ah, j'avais compris "Oui, y'a quelqu'un dedans" !!
Amusée, je lui demande si à son avis quelqu'un qui se promènerait avec un corps l'annoncerait aussi facilement. Il me répond qu'on peut plus vraiment savoir de nos jours en me jettant un regard en coin. Et moi je réalise que d'un coup mes chaussures pointues, mon grand manteau noir et ma bonne humeur lui paraissent suspects. Je ne peux pas m'empêcher de sourire encore plus et ça n'a pas l'air de le rassurer. Et si je faisais la gueule ? Mmm, non, le mal est fait, le pauvre homme a l'imagination trop fertile et moi je suis un caméléon :)
 
 
 
 
 

L'Anniversaire

Hier c'était l'anniversaire de lunar. Appart-tribu de Villejuif, lunar arrive le premier alors que je suis en train de faire le ménage dans un appart où j'habite plus, rien ne l'étonne, il est trop cassé pour ça. Il avait mal à la tête, envie de dormir, j'ai éventé la surprise en lui confirmant que se reposer avant que les gens débarquent serait une bonne idée. Des gens, quelques nouveaux visages sympathiques. Une très bonne soirée. C'est amusant comme j'apprecie d'être invitée dans ma tribu maintenant :)

Pour le cadeau d'anniversaire, Solveig m'avait suggéré un vêtement. J'avais envie d'acheter un gros pull, ou une jolie chemise. J'avais envie d'aller à Châtelet, de rentrer dans un magazin pour homme et d'en ressortir aussi vite avec un coup de coeur sous le bras. C'est ce que j'ai fait, mais avant de partir j'avais pensé à vérifier sur transnationale.org quelles étaient les enseignes "déontologiquement" correctes. Rien de négatif à signaler pour celio ? parfait ! et je suis très contente de moi, je le trouve super beau le pull en grosse laine bleue que j'ai trouvé là-bas :
- "Si tu ne l'aimes pas, pas de problème, tu peux toujours ..
- te le donner ? :)
- .. euh, non, l'échanger, j'ai gardé le ticket de caisse !"

Mais j'ajoute que si tu veux absolument me le donner, pas de soucis. C'est juste que Solveig ferait peut-être la tête, déjà que j'ai pas pris une couleur vive.
 
 
 
 
 

Jeudi27Novembre2003

Ah oui, aussi, bon anniversaire Romain !
Heureusement que je l'ai appelé au téléphone. De toute façon, il lit pas les blogs..
 
 
 
 
 

A Grenoble, les écocitoyens s'enracinent dans les arbres

Article de libé.
Ils sont fous à grenoble, faut pas toucher aux arbres ! Surtout un orme champêtre ou un ginkgo biloba, espèce que je ne connaissais pas jusqu'à ce que sebc le mentionne entre autres extraits de plantes aux propriétés bienfaisantes, et qui, selon libé, est "un des plus anciens arbres sur terre"..
Et puis pour faire un stade de foot, franchement..

En tous cas j'aimerais bien voir des photos du campement dans les arbres, leur adresse postale est mignone ("Le platane insoumis, parc Mistral, 38100 Grenoble"). Si j'apprends qu'ils ont le wifi peut-être que j'irai les rejoindre, j'aime beaucoup les arbritations.

 
 
 
 
 

Mercredi26Novembre2003

Bon anniversaire moi ! Tiens, ton cadeau : un blog tout neuf.
Merci :)
 
 
 
 
 

Histoire sans paroles

Cette nuit, je suis retournée au lycée Alain, j'ai fait la queue pour le self. Rien n'avait changé, sauf qu'après coup j'ai remarqué qu'avant on circulait dans l'autre sens pour choisir les plats.

Je suis passée devant une table où étaient assis quelques internes. J'ai fait un signe de tête à Tom'Chop' qui m'a rendu mon demi-sourire. Je suis allée m'assoir en face de Fanny, à côté d'une fille de notre dortoir. J'ai déplacé les récipients de mon plateau pour pouvoir manger mon plat principal.

Le soleil rentrait par les grandes fenêtres. C'est ce qui a du me reveiller.
Le soleil rentrait par la fenêtre de ma chambre. Je me demande ce qu'ils deviennent tous. L'étude 21, les amies du dortoir, les visages familliers avec lesquels j'ai partagé mes repas pendant trois ans.
 
 
 
 
 

Achimie du Verbe

A moi. L'histoire d'une de mes folies.

Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres d'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

Je rêvais de croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.

Arthur Rimbaud, "Alchimie du Verbe" in Une saison en Enfer, 1875.