Faire de la politique, c'est important. Vendredi soir, je discutais avec un monsieur à la retraite en attendant mon bus. Pour lui le monde avait changé, il estimait que ça devait pas être facile pour les jeunes. Quand je lui ai répondu qu'il fallait que chacun de nous fasse de la politique à son niveau, il a d'abord été un peu surpris, pas trop d'accord. Pour lui "les politiques non plus n'y peuvent rien". Mais moi je parlais pas de la politique comme profession, juste du droit d'avoir un avis. Je regrete que beaucoup de gens soient allergiques à la politique, et qu'encore plus de gens pensent que la politique est une affaire de professionnels. Comment est-ce qu'on peut parler de démocratie dans ces conditions ?
J'hésite beaucoup à afficher une couleur politique sur ce site. De vive voix, je n'ai aucun problème, mais sur le net c'est différent.J'ai regardé un peu le fonctionnement des partis, j'aime pas l'idée d'adhérer, de m'encarter. C'est un peu comme de signer un chèque en blanc. En même temps, faire de la politique toute seule dans mon coin c'est pas très productif. Bref.
Si je vous parle de tout ça là maintenant, c'est parce que j'ai trouvé deux textes interessants et que ces textes sont issus du PS. En première approximation, on pourrait dire que je suis socialiste, c'est là que je me retrouve le plus souvent, mais je ne le revendique pas. Je crois qu'il y a des gens très biens dans tous les partis (ou presque), et des crétins partout aussi. J'ai horreur des querelles d'église, il est hors de question que je défende les positions de quelqu'un juste parce qu'on a voté la même chose aux dernières éléctions. Je n'aime pas la langue de bois dans les débats télévisés, les arguments falacieux, les chiffres sans contexte. Je crois qu'internet permet autre chose.
Au Paris-Carnet de mars, j'ai bien discuté avec un type que je prennais pour un blogueur un peu moins jeune que la moyenne, avant de réaliser qu'il s'interessait aux weblogs en tant que journaliste. Je serais curieuse de lire son article d'ailleurs. Toujours est-il que lorsque j'ai cité le blog de DSK comme un exemple des changements positifs dans le paysage, il m'a répondu que nous autres blogueurs et lecteurs de blogs étions des happy few.
Je reconnais volontier qu'il y a actuellement trop peu de gens connectés à internet pour qu'on puisse parler de démocratie numérique, d'autant plus que tous les internautes ne se sentent pas forcement concernés par la politique. Il n'empeche que la dernière campagne éléctorale a été plus constructive sur le net qu'ailleurs.
Il y a une évolution très nette depuis mes premières recherches en 2000. Je cherchais des références historiques, des réflexions d'actualité et j'avais été très déçue. Après le 21 avril 2001, il y a eu moult choses en français, mais tout était polarisés autour de la présence du FN au second tour. Puis la guerre en Irak, les discussions sur la LEN.. Aujourd'hui je trouve de plus en plus de textes touchant des reflexions de fond. Est-ce grâce aux weblogs ? grâce au nombre croissant d'internautes francophones ? grâce aux bookmarks que j'accumule ? Je laisse à d'autres le soin de juger du carractère subjectif de la chose, je suis juste heureuse de surfer sur cette vague :)
Tout ça pour en arriver enfin aux textes que je voulais linker :
- Vers une maîtrise sociale des technologies de l?information sur le site Temps-Réels. Cette contribution pose des questions importantes. Sur la propriété intellectuelle et les logiciels libres bien sur, mais aussi le droit des syndicats à utiliser les outils numériques de l'entreprise ou la polution engendrée par les ordinateurs.
- Le discours de DSK sur l'Europe. Ce discours a été prononcé trois jours après les régionnales, il commence donc par un commentaire de ces résultats franco-français, mais il rentre dans le vif du sujet à la deuxième page et soulève là-aussi quelques bonnes questions.
J'ai une question pour finir. Est-ce que mon point de vue est biaisé, ou est-ce que les débats numériques sont moins actifs à droite qu'à gauche ? c'est une impression qui m'énerve, parce que je n'aime pas ce clivage. "Qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on est toujours hémiplégique." :)
* (latin :) "chose publique"
# Par Eve, le dimanche 02/05/2004 à 13h52 ~ rss ~ Catégorie : Société


# Par Kobal2, le samedi 08/05/2004 à 10h17